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Origines

Les débuts du Foyer Rémois

En juillet 1911, le maire de Reims, le docteur Jean-Baptiste Langlet, fait un séjour en Angleterre pour visiter une série d’opérations de logements sociaux britanniques avec quelques patrons de sa ville dont Georges Charbonneaux, fils cadet du maître de verrerie Firmin Charbonneaux. Tous les jours le maire décrit ses visites dans des articles publiés par L’Eclaireur de l’Est, un des principaux quotidiens rémois.

L’année suivante, Georges Charbonneaux crée le Foyer Rémois, Société Anonyme d’Habitation à Bon Marché, au capital de 1 250 000 francs, qui entreprend la construction de deux petits ensembles de maisons ouvrières, dans le faubourg Est de la ville, l’un, de vingt logements, toujours existant, à l’angle des rues de Thionville et Boucher de Perthes, l’autre, de quinze logements, disparu aujourd’hui, rue Arthur Decès, ces deux opérations étant l’œuvre de l’architecte rémois Abel Robert.

Cette année là, les conditions de logement sont particulièrement déplorables pour les familles nombreuses ouvrières. A Reims, 548 familles de cinq enfants et plus habitent un logement d’une seule pièce, 1 608 familles de huit enfants et plus habitent un logement de deux pièces seulement. La loi sanitaire de 1902 impose le permis de construire dans les villes de plus de 20 000 habitants, ce n’est que depuis 1907 qu’elle s’applique à Reims. Nous sommes par ailleurs à l’époque de l’impôt sur les portes et fenêtres, incompatible avec la salubrité, alors que persistent de nombreuses maladies contagieuses comme le choléra ou la tuberculose qui poursuit ses méfaits bien plus tard jusqu’aux années 1950. Cet impôt ne disparaît qu’en 1926, douze ans après l’instauration de l’impôt sur le revenu.

Le 23 juillet 1913, Georges Charbonneaux informe le maire de Reims de ses projets ultérieurs : trois véritables petites cités-jardins boulevard Charles Arnould, rue de Brimontel et boulevard Pommery sur des terrains de respectivement trois, deux et quatre hectares.

Parallèlement, cette même année, est constitué l’Abri rémois, « secours de loyers aux familles nombreuses », société comprenant cent-vingt membres. Le président en est Charles Heidsieck, les vice-présidents sont Louise Pommery et Joseph Krug, tous trois propriétaires de maisons de champagne rémoises. Georges Charbonneaux, quant à lui, est membre du conseil d’administration.

Le 25 février 1914, le président du Foyer Rémois écrit au maire de Reims lui indiquant son intention de construire vingt à vingt-cinq logements boulevard Charles Arnould et un second groupement, de taille équivalente, rue de Brimontel. Le troisième ensemble, boulevard Pommery, verrait le jour en 1915.

Au début du conflit, les deux premiers chantiers, déjà en cours, sont interrompus, la troisième opération reste dans les cartons.

Durant les derniers mois de la guerre, en 1918, la mairie de Reims, bien qu’évacuée à Paris, lance un concours auquel participent vingt équipes d’architectes. Il s’agit de reconstruire une ville qui possédait 120 000 habitants au début du conflit et se trouve détruite à 80 %. Les différents projets prévoient souvent des cités-jardins en périphérie. Parmi ceux-ci figurent séparément ceux de l’architecte parisien Jean-Marcel Auburtin et du paysagiste rémois Edouard Redont, associés préalablement dès 1915 avec Alfred Agache dans la rédaction de l’ouvrage Comment reconstruire nos cités détruites qui sera une des « bibles » de la reconstruction.

N’arrivant pas à s’entendre sur un plan particulier issu du concours, la nouvelle municipalité de Charles Roche, élue fin 1919, fait appel, après l’élaboration sous la municipalité précédente d’un plan de synthèse jugé sans ambition, à La Renaissance des Cités, organisme créé en 1916 pour aider à la reconstruction, qui commande à l’architecte américain Georges Burdett Ford un nouveau plan pour Reims prévoyant une ville de 300 000 habitants. Comme nombre de ses confrères d’Outre-Atlantique de sa génération, Géo Ford a achevé ses études d’architecture à l’Ecole des Beaux-arts de Paris avant guerre et est imprégné des idées haussmanniennes qui perdurent jusque là. Le plan envisage en périphérie une ceinture verte de parcs et de cités-jardins. Quand la reconstruction débute, il n’est plus question de petites cités-jardins, comme Georges Charbonneaux pouvait les envisager en 1913, l’ampleur des destructions nécessite la création rapide de logements en dur pour remplacer les baraquements provisoires en bois qui abritent les Rémois revenus et les ouvriers qui déblaient la ville des gravats, avant de procéder à sa reconstruction.

Portrait de Georges Charbonneaux, fondateur du « Foyer Rémois », Société Anonyme d'Habitation à Bon Marché

Portrait de Georges Charbonneaux, fondateur du « Foyer Rémois », Société Anonyme d'Habitation à Bon Marché

© Collection Patrick Chatelin

Courrier daté de 1913 annonçant la création de l'association « L'Abri Rémois »

Courrier daté de 1913 annonçant la création de l'association « L'Abri Rémois »

© Archives du Foyer Rémois

Ensemble de maisons ouvrières, rue Boucher de Perthes (1912) à Reims, vers 2000

Ensemble de maisons ouvrières, rue Boucher de Perthes (1912) à Reims, vers 2000

© Photo O. Rigaud

Plan type d'une maison avec magasin, Cité Jardin Charles Arnould (1913) à Reims - Foyer Rémois

Plan type d'une maison avec magasin, Cité Jardin Charles Arnould (1913) à Reims - Foyer Rémois

© Archives du Foyer Rémois

Reims, après la 1ère guerre mondiale

Carte postale - Rue Chanzy, place des 6 cadrans, à Reims - 1918

Carte postale - Rue Chanzy, place des 6 cadrans, à Reims - 1918

© Collection O. Rigaud

Carte postale - Rue des Deux Anges à Reims, après la Première Guerre mondiale

Carte postale - Rue des Deux Anges à Reims, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

Carte postale - Place d'Erlon, à Reims - 1919

Carte postale - Place d'Erlon, à Reims - 1919

© Collection O. Rigaud

Carte postale - Le quartier des Laines à Reims, après la Première Guerre mondiale

Carte postale - Le quartier des Laines à Reims, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

I.2.plan_ford : Plan Ford : reconstruction de la ville de Reims - 1920

I.2.plan_ford : Plan Ford : reconstruction de la ville de Reims - 1920

© Archives Municipales et Communautaires de Reims

Constructions provisoires à Reims juste après la Première Guerre mondiale

Couverture de l'ouvrage Comment reconstruire nos cités détruites de JM Auburtin, A Agache et E Redont : la bible de la reconstruction

Couverture de l'ouvrage Comment reconstruire nos cités détruites de J.M. Auburtin, A. Agache et E. Redont : la bible de la reconstruction

© B514546101_MM_2995_Bibliothèque municipale de Reims

Baraquement provisoire des Parapluies Dela, chaussée Colbert, à Reims, après la Première Guerre mondiale

Baraquement provisoire des Parapluies de la chaussée Colbert, à Reims, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

Baraquement provisoire de la Pâtisserie Gonnet, square Colbert, à Reims, après la Première Guerre mondiale

Baraquement provisoire de la Pâtisserie Gonnet, square Colbert, à Reims, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

Reims provisoire, Place d'Erlon, après la Première Guerre mondiale

Reims provisoire, Place d'Erlon, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

Logements provisoires, Boulevard Diancourt, à Reims, après la Première Guerre mondiale

Logements provisoires, Boulevard Diancourt, à Reims, après la Première Guerre mondiale

© Collection O. Rigaud

Quelques constructions provisoires de la Première Guerre mondiale subsistant à la fin du XXe et début du XXIe siècles à Reims

  Baraquement provisoire de la Première Guerre mondiale, dans le quartier Clairmarais à Reims, vers 2000

Baraquement provisoire de la Première Guerre mondiale, dans le quartier Clairmarais à Reims, vers 2000

© photo O. Rigaud

Baraquement provisoire dans le quartier Sainte-Geneviève à Reims

Baraquement provisoire dans le quartier Sainte-Geneviève à Reims

© photo O. Rigaud

Baraquement provisoire de la Première Guerre mondiale subsistant rue Chanzy, à Reims, vers 1988, démoli en 1992

Baraquement provisoire de la Première Guerre mondiale subsistant rue Chanzy, à Reims, vers 1988, démoli en 1992

© photo O. Rigaud

Baraquement de la Première Guerre mondiale subsistant, dans les années 1990, rue Paul Vaillant Couturier, à Reims

Baraquement de la Première Guerre mondiale subsistant, dans les années 1990, rue Paul Vaillant Couturier, à Reims

© photo O. Rigaud

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